Lucas, assieds-toi faut qu’j’te parle [MàJ]

Lucas Belvaux, toi l’homme qui a conçu et réalisé cette brillante trilogie (idée ambitieuse, très bien développée et construite, avec des bons et des très bons acteurs, en particulier Gilbert Melki et Dominique Blanc dans Après la vie, le plus noir et le plus réussi des trois), qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête en tournant Rapt ?

Attention, je ne dis pas que c’est un mauvais film. C’est plutôt bien construit là encore, l’histoire et l’évolution du personnage d’Yvan Attal sont intéressants. Yvan est fidèle à lui-même, et livre une performance tout à fait honorable, sans être brillante.

Mais alors le reste du casting… Anne Consigny, qui peut être merveilleuse comme dans le assroulépartaire Conte de Noël de Desplechin, est insignifiante, tendance fausse, à deux ou trois scènes près. Et surtout, surtout, TOUS LES AUTRES (et ils sont nombreux), tu les as trouvés où ??? Tu as kidnappé les clients du Décathlon d’Evry 2 un samedi après-midi, allez hop tous dans le bus, y en a pas pour longtemps, toi tu seras le policier, toi le ravisseur et toi le businessman, moteur c’est à vous ?

C’est bien simple, à l’arrivée ce film est le congrès mondial du maljouage. Lucas, quand même, tu t’en es rendu compte en tournant ? C’est pas normal, ces gens qui finissent toutes leurs phrases en montant, comme si toutes leurs phrases étaient des questions ??? Personne ne parle comme ça dans la vraie vie, tu le sais ça ? Et un acteur, ça ne sert pas juste à dire les phrases que tu as écrites pour qu’elles soient enregistrées sur la bobine, tu le sais ? Il faut que les gens y croient aussi, non ??

[MàJ] J’avais oublié, je voulais illustrer ce syndrome du maljouage par ce chef-d’œuvre chabatien, très représentatif :

[fin de la MàJ]

Ah, et puis aussi, je te donne un tuyau : il ne suffit pas de mettre un costard et une cravate à un homme pour qu’il soit crédible en businessman de classe mondiale. Désolé, mais un Conseil d’Administration de « groupe de 130 000 personnes », ça ne porte pas des costards Delaveine à 99€ les deux. Ca ne porte pas les mêmes costards mal coupés et en carton que les flics. Ca ne porte pas les cravates cheapissimes que ces gens portent, dans ton film.

Je ne suis pas expert en police judiciaire, mais je ne crois pas que les flics, pour planquer, choisissent l’immeuble le plus à découvert du quartier, avec un toit bien plat et rien qui te cache, leur permettant d’être vus de toute la ville, comme on le voit très bien dans un de tes plans. Donc, tu comprendras que ça non plus, ben on n’y croit pas des masses :

On n’en croit pas ses oreilles non plus, quand un flic trouve la solution au problème du mec qui ne veut pas téléphoner à ses complices parce qu’alors vous aurez le numéro et vous pourrez les retrouver : « On tourne dans Paris, on s’arrête dans une cabine au hasard et tu les appelles de là ». Trop bien, trop comme ça vous aurez pas le numéro.

Bref, Lucas, je suis désolé, mais on passe plus de 2 heures à NE CROIRE A RIEN. C’est assez perturbant. Alors on se raccroche à ce qu’on peut. Par exemple, ce truc marrant : tu t’es rendu compte que ton acteur qui joue l’avocat, Alex Descas, ressemble grave à Jean-Louis Trintignant ? Moi oui, et c’est tout ce que je retiendrai de ce film, malheureusement…

Publicités

30 réponses à “Lucas, assieds-toi faut qu’j’te parle [MàJ]

  1. Pingback: Tweets that mention Lucas, assieds-toi faut qu’j’te parle « Moi je, je trouve que -- Topsy.com

  2. Ah ben merci parce que je me disais en mon fort intérieur mais qu’est-ce que c’est encore que ce film ?
    assorti d’un concert de louanges émis par des critiques censés être spécialistes (mais trop unanimes pour être honnêtes)
    j’attendais donc un autre avis pour tirer cette histoire au clair (j’avais déjà décidé de ne pas faire le déplacement car anne consigny me donne des boutons)
    cette planque illustrée m’éclaire au plus haut point (j’avais aussi eu des doutes sur cette histoire de costume dans la bande-annonce)

  3. Véronique Andrew

    Ben zutalors, nous qui pensions en faire notre bien-séancedudimanche ;( Tu nous as bien refroidis…

  4. On me voit là ?

  5. Toujours pas ?

  6. J’arrête pas de signer le rating, de vider mon cache ! Gnnhgnn !

  7. Encore un essai (je suis confuse Diego)

  8. Bon je n’ai pas encore vu le film donc je ne me prononcerai pas.

    Mais s’il y a une chose qui tue la crédibilité des films français c’est bien le budget consacré aux fringues.

    (Je fais partie de ces gens qui sont extrêmement attentifs aux « détails »…)

  9. #fail; Ca arrive aux meilleurs.

  10. Je n’avais pas l’intention d’aller le voir, je n’ai donc pas changé d’avis, mais… il me semble que le coup de la cabine téléphonique prise au hasard, c’est historique (de l’affaire Empain).

    et les costumes qui ne collent pas aux… une des plaies des films français !

    • Peut-être, sauf qu’à plusieurs moments dans le film, on nous informe qu’on est en 2009. Y a même une gare TGV à Massy, c’est dire si on peut identifier un coup de fil passé d’une cabine :-)

  11. aux personnages (désolée)

  12. Philippe de Thrace

    merci pour la mise à jour. Ca fait 40mn que je me marre comme un bossu avec les « avez-vous déjà vu? ».

    • Oui, il y a quelques bombasses. Mon top perso = le film d’horreur de bonbons / le mec qui se plaint tout le temps / le crime pas parfait du tout / Nuf Nuf à l’école des charcutiers. Et le mauvais acteur, donc.

    • Trop drôle ces petits films. @diego: tu as les même bon goûts que mon fils (Le film d’horreur des bonbons/ le crime pas parfait du tout / Nuf Nuf à l’école des charcutiers)Il a du me les montrer une bonne centaine de fois. J’ai compris du même coup l’effet Teletubbies .

  13. D’accord avec toi.
    Cette histoire d’une victime qui devient coupable, ça aurait pu être vraiment intéressant. Le problème, c’est que ce film-là ne commence que dans les cinq dernières minutes…
    OK, il a sans doute voulu placer cet homme, qui est dans la vie et qui en jouit à l’excès, au milieu d’un monde théâtral, control freak, dénué de la moindre émotion… Mais quand 99% des acteurs —et je ne parle pas des gangsters, qui, même derrière leurs masques, jouent comme des kalach en plastique— sonnent faux, on se dit que ça relève d’une intention de mise en scène (ratée), ou qu’ils ont été mal dirigés, ou que c’est très mal écrit… Ou un peu de tout ça. Mais surtout, on s’ennuie. Pire, on rit face à tant d’inconsistance.
    Hormis Attal, qui s’en sort bien, il y a quand même deux performances d’acteur à noter : celle du chien (il remue bien la queue, sincèrement content de revoir son maître) et celle de la plus jeune des deux ados (tu sais, celle qui n’a qu’un mot de texte : elle regarde son père les larmes aux yeux, dit « Si ! », et file dans sa chambre).
    Dans les films français du moment, faut plutôt voir « A l’origine » !

    • Ouaip il est sur ma liste. En attendant, j’ai été me faire une barre de rire avec In the Loop hier. Y a un mec génial qui n’a que des tirades d’insultes absolument gigantesques du début à la fin, c’est très très bon !

  14. Je l’ai pas encore vu mais malheureusement il est vrai que quand les français tente de faire un film d’action, bien souvent ils tombent, soit dans les clichés, soit dans le m »lajouage » comme tu dis. Celui là avait pas l’air terrible, malgré Yvan Attal qui peut ne pas être trop mauvais, dommage.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s