Le très très gros navion [màj]

Bon, comme je suis un des premiers à en faire l’expérience sur Air France, faut quand même que je vous raconte mon CDG-JFK à bord du très très gros navion.

J’étais excité comme une pute (no coquille) à l’idée de voir enfin cette bête de près. J’ai bien entendu soigneusement choisi LE vol en A380, bien que ce ne soit pas l’optimisateur (arrivée à 15h45, alors que le premier de la journée permet d’arriver à 10h et d’avoir la journée devant soi – ceci dit j’ai bien fait, j’aurais eu du mal à le choper, le 8h25…).

Le jour venu, le taxi me dépose à CDG, et ça commence plus que bof :

– ah, vous êtes sur le vol de 13h30. Vous êtes au courant de ce qui s’est passé ?

– euh, non ? [inside : alors l’avion a explosé sur le vol précédent donc il va y avoir un peu de retard]

– en fait en raison d’un incident technique, le vol est repoussé à 17h.

– ah, super.

D’emblée, grosse mise en confiance, l’avion qui vole depuis une semaine et qui a des incidents techniques qui lui collent 3 heures de retard. Ceci dit, j’imagine que suite au Rio-Paris, Air France doit requadrupler de prudence pour être sure de ne pas entrer dans l’histoire comme la première compagnie à crasher un 380 bien rempli. Depuis, on a appris qu’il s’agissait d’une « panne informatique mineure » empêchant le fonctionnement du pilote automatique, et ayant conduit le très très gros navion à faire demi-tour. Et le problème, c’est que vu qu’il n’y a qu’un très très gros navion en service, ben on doit l’attendre. A ce jour, le retard n’est toujours pas résorbé, ça craint un peu…

Grosse glandouille dans l’aéroport, remerciement à Dieu d’avoir créé le Wi-Fi, déjeuner pas bon, attente interminable… Jusqu’à ce qu’IL apparaisse, arrivant enfin de New York, le très très gros navion se présente à la porte E61. Et putain, il est quand même très très gros, on va pas se mentir.

Et on est quand même impressionné par le branle-bas de combat qui l’entoure, entre les passerelles, les camions de catering, etc.

Arrivé à bord, ça ressemble vachement à un avion normal, en un peu plus large. Air France ayant bizarrement omis de me surclasser (pffff, ils ne savent décidément pas reconnaître un leader d’opinion), je m’installe en classe éco, à l’arrière du pont supérieur. Un poil plus spacieux que d’habitude, mais rien de dingue. Si, les accoudoirs sont plus larges, super. C’est un peu moins la guerre du coude que dans les autres avions.

Arrive enfin le moment tant attendu, le décollage de l’engin. Et là, c’est très impressionnant. Sur l’écran individuel, image caméra située sur la dérive, donnant donc une vue d’ensemble du très très gros navion. Il s’élance, accélère, s’arrache du sol alors qu’on a l’impression de se traîner et bien bien bien avant la fin de la piste. Dans un silence impressionnant. C’est vraiment le plus du très très gros navion semble-t-il, un gain de confort du point de vue de l’insonorisation (enfin ça, on en reparlera plus tard).

Très vite, l’image caméra donne mal au  cœur, cet angle de vue se révélant totalement mal choisi. Les mouvements de l’avion mis en perspective et l’impression de voyager assis à cheval sur la carlingue, ça fait un effet très désagréable.

S’ensuit un vol fluide et silencieux. Agréable. Le système de divertissement est nettement amélioré : qualité d’écran meilleure, une centaine de films au choix dont, et c’est une bonne idée, un certain nombre de vieux films et pas que des nouveautés plus ou moins douteuses. J’en ai profité pour enfin voir Up, et c’est magnifique, au passage, avec des moments d’une tendresse burlesque toute chaplinienne, notamment au début.

Après dîner très correct, je m’écroule comme la vieille merde que je suis, sommeil favorisé par le silence sus-mentionné. Jusqu’au moment où retentit soudain un monstrueux son fort agréable, un peu comme si un chauffeur routier brutalement décédé s’était effondré sur son klaxon et que personne n’arrivait à l’en enlever. Réveil en sursaut de tout le monde, regards inquiets mais panique contenue, défilé de PNC, de mecs de chez Airbus et Thalès qui accompagnent les premiers vols, communication one-to-one avec les passagers à proximité, mais AUCUNE annonce générale. Rien. On ne sait donc pas ce qui se passe. Et des voyants rouges clignotent sur la porte d’où vient le son en question. Pas du tout anxiogène. Je finis pas entendre que c’est le joint d’étanchéité de la porte qui a lâché, et que ça arrive et que ça n’est pas grave. Pas du tout anxiogène. Je serre un peu plus ma ceinture, quand même, histoire de ne pas être aspiré dans le grand vide si la porte décidait de se barrer faire un tour.

Il a quand même fallu 45 putain de minutes de sirène avant que le commandant de bord ne daigne se saisir de son micro et faire entendre l’oracle : « Je tiens à vous assurer que le son que certains d’entre vous entendent ne présente aucun caractère de danger ». Certains d’entre vous. LAULE, captain.

On s’est donc cogné ledit bruit pendant près de 2 heures, car comme promis ça s’est arrêté à une certaine altitude, genre 20 minutes avant l’atterrissage. Très sympa, très relaxant, très détendant.

Arrivée, donc. Débarquement plutôt rapide, passage de l’immigration aussi. Tapis à bagages. Et là, et ben forcément, c’est long, les bagages de 500 personnes. Surtout quand les préposés aux bagages ne jugent pas utile de respecter les étiquettes « Priority » apposées sur certains bagages, dont le mien. Au bout de 30 minutes, pas le moindre bagage prioritaire n’avait fait son apparition. C’est beau les bagagistes qui sont pour l’abolition des privilèges. Mais en tant que privilégié, je dois bien avouer que perso, ça m’a fait chier la bite.

Bref, pour conclure, le très très gros navion est impressionnant et plein de qualités. Mais pour l’instant, je vous recommande plutôt d’attendre un peu qu’ils aient fini d’apprendre à s’en servir, hein.

[màj] Air France vient de m’écrire pour me refiler 4000 miles d’excuses pour le retard, ce qui est plutôt sympa puisqu’ils n’ont pas d’obligation en la matière – ce qui pourrait changer prochainement. Du coup, je leur ai écrit pour gueuler sur le traitement de l’incident, la non-communication, qui est quand même à mon pas du tout humble avis beaucoup plus grave qu’un retard, qui est quelque chose qui arrive et qui est totalement justifié s’il s’agit d’une question de sécurité. Fallait pas être sympa, les gars…

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10 réponses à “Le très très gros navion [màj]

  1. Ta bite doit etre dans un sacré état, à force. Merci pour ce reportage en quasi direct (du vrai live s’eut été supreme), qui fait de nous des insiders (« ‘j’connais un mec qui était dans l’a380 qui a failli se crasher mais AF n’a rien dit, bien entendu », clin d’oeil). Merci aussi d’avoir doucher mon entreprise du moment, à savoir plannifier mes vacances de février en fonction des programmes a380 (dont: « aller voir dubai faire faillite de pres avec emirates »

    Merci, quoi, d’avoir frôlé la mort pour nous tenir informé: bernard menard va être vert de jalousie !

  2. Moi je, je (c) vais prendre un n’avion moisi, modèle libellule pour rentrer en Gaule. Un avion version une-libellule-est-certainement-plus-résistante. En effet, j’ai opté pour un low-coast irlandais… j’appréhende déjà les 9h de vol en compagnie de nos copains lutins, habillés en vert-mode-St-Patrick, chantant du Alan Stivell à tue-tête.

    Je pense que je vais mourir.
    Enfin non.

    • Philippe de Thrace

      ou alors, eux vont mourir. Je te souhaite juste qu’il ne s’agisse pas de supporters de foot, les irlandais dans l’avion…

  3. Pingback: Tweets that mention Le très très gros navion « Moi je, je trouve que -- Topsy.com

  4. « je vous recommande plutôt d’attendre un peu qu’ils aient fini d’apprendre à s’en servir » : lul

  5. Excellent! Cà s’invente pas une histoire pareille… J’imagine le stress.

    • Franchement j’ai été bluffé par le calme des gens. Moi qui n’ai globalement pas peur, j’étais pas fier fier. Mais bon le calme des PNC c’est quand même un bon critère…

  6. Merci pour le témoignage, ca met pas forcément en confiance ni ne donne vraiment envie de tester ce gros navion

  7. Dieg, ca chie la classe ton reportage live.
    J’ai vachement envie de le tester maintenant..

    La prochaine fois que tu passes a NY, fais moi coucou, on ira boire des clopes et fumer des bieres…

    • Ca marche. Surtout que la prochaine fois j’aimerais bien en profiter plus et sortir de l’hôtel. By the way, si on te demande une reco, Ace Hotel on 29th & B’Way is awesome.

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