Mirage à droite

Oui, je sais, cet été, je me suis mis en sommeil. Pas de bloguisme, pas de réactionnisme sur les blogs des autres, pas beaucoup de touitte sauf à base de photos qui font baver.

Mais je ne dormais que d’un œil et d’une oreille. Je vous ai entendus, Nicolas, Nadine, Brice, Eric, Christian, Eric, etc. Je vous ai vus stigmatiser des communautés, lier immigration et délinquance, toussa, pour essayer de faire changer les sujets de conversation dans les campings qui tendaient à disserter un peu trop sur les milliards de Liliane et ses relations avec l’UMP.

J’ai aussi lu la presse. Et finalement, c’est presque ça qui m’a le plus énervé, dans l’histoire. A longueur de colonnes, nos amis journalistes (et pas que les trotskistes et autres fascisto-méthodistes), nous ont parlé d’un « virage à droite ».

Ah bon ? Où ça un virage ? Un virage, c’est quand on change brutalement et radicalement de politique. Personnellement, j’y vois tout au plus un petit pas chassé ou un coup de stabilo. Ca fait 8 ans que la rhétorique sarkozienne stigmatise, désigne des responsables et des boucs émissaires, des racailles, des caïds de banlieue, des Lies Hebbadj, aujourd’hui des Roms. Que s’empilent des lois sécuritaires qui sont autant de coups de bélier dans les principes fondateurs de la République Française. Les nouvelles mesures annoncées et les nouveaux coupables montrés du doigt ne sont que la suite logique de ce qui précède, ni plus ni moins. Et le procédé est le même qu’à chaque fois : des difficultés économiques ? des affaires gênantes ? Hop, on sort les épouvantails, on explique aux gens qu’ils sont en danger mais qu’on fait tout pour les protéger.

Il ne s’agit pas d’un virage à droite, non.

Il n’y a qu’un mirage à droite.


Et la bonne nouvelle, c’est qu’il semblerait qu’un nombre croissant de nos concitoyens en prennent conscience. Que de plus en plus de Français refusent d’ingurgiter cette indigeste soupe dans laquelle on essaie de les noyer.

Un mirage que l’hypnotiseur en chef ne parvient plus à faire persister sur la rétine du peuple. Un à un, les échecs et liaisons dangereuses du pouvoir se révèlent. Les bâches en trompe-l’œil qui recouvrent les dégâts, comme sur les monuments en rénovation, se déchirent, tombent. Dette, chômage, sécurité… tous les dossiers sur lesquels on allait voir ce qu’on allait voir, tout se dégrade, et ça se voit. Travailler plus pour l’avoir plus profond dans le cul, voilà la réalité que de plus en plus de Français voient se révéler à leurs yeux.

Un mirage qui, je l’espère, achèvera de se dissiper en mai et juin 2012. Demain.

[EDIT] Je lis à l’instant dans le Canard que Pierre Marcelle a dit tout pareil dans Libé, que le virage, il le voyait pas. Et bah on est d’accord.

14 réponses à “Mirage à droite

  1. BANZAIIIIIIIIIIIIII

  2. Philippe de Thrace

    Je n’ose fonder les mêmes espoirs que toi, mon bon ami. Car, pour paraphraser Christophe Barbier (toutes mes excuses) Sarkozy, pour piètre président qu’il est, fût un excellent candidat. De la pire des façons, mais pas de la moins payante hélas. Et je continue de me demander si les qualités qui font les bons candidats et celles qui font les bons gouvernants, dans un régime comme le nôtre, ne sont pas antinomiques. Ou au moins que les compromissions et d’engagements tactiques nécéssaires à la conquête (et au maintien) du pouvoir ne rendent pas impossible de l’exercer avec sagesse.

    • Philippe, je ne dis pas que l’affaire est pliée, loin de moi cette imprudente faiblesse. Mais souvenons-nous que tout le monde ou presque le décrivait comme indéboulonnable il y a encore quelques mois. Le coin est enfoncé dans la brèche. Tapons dessus.

    • L’antinomie dont tu parles paraît une évidence dans le fonctionnement de nos démocraties « occidentales ». Les mêmes faiseurs d’images électorales appliquant à peu près les mêmes techniques de communications dans ces différents pays.

      W. est-il si grand que cela ? (ou Sarkozy si petit). Ils ont dû se marrer les cadreurs de CBS. En tout cas, ce cliché hors-champ est assez cruel. On n’est pas loin du pitoyable.

      • Philippe de Thrace

        Au delà des problèmes de com, j’en viens à douter de l’efficacité de notre mode de gouvernement. Sans rien pouvoir imaginer qui ne soit pire, cependant.

        Pour Sarko, ca tiendrait plus du caprice que de la différence réelle de taille que ça m’étonnerait pas. C’est un raccourci très efficace pour le définir. Ca me plairait bien que dans 50 ans je parle à mes petit-enfants de Sarkozy en ces termes « c’est le petit président qui montait sur des estrades ». Dans « L’histoire de France pour les nuls », il y aurait Henri IV et la poule au pot, De Gaulle et son micro de 1940, et Sarkozy perché sur un flycase rouge…

  3. Philippe de Thrace

    Je ne t’en soupçonnais pas. Ce que je crains c’est qu’il faille le pire des hommes/femmes de gauche pour y arriver.

  4. Philippe de Thrace

    Mais sinon, oui, je tape. Je charge, même. Regarde, je suis armé.

  5. BANZAIIIIIIIIIIIIIIII
    (re – au bord du burnout, xcusez)

  6. Pingback: Tout s’explique, Nicolas est la réincarnation de Pacman « Novaïa Zemlia

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