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11 janvier 2015 : le jour où le FN s’est mis hors jeu tout seul

Ce 11 janvier 2015 restera à n’en pas douter dans nos mémoires comme un moment historique, d’une incroyable charge émotionnelle, dans lequel la France, rejointe par le monde entier, a communié d’une communion laïque et profonde face à la barbarie.

Ce 11 janvier 2015, nous avons tous envie qu’il soit le début d’une ère nouvelle, apaisée, dans laquelle tous les Français se remettraient à construire ensemble, plutôt que de sans cesse s’opposer violemment les uns aux autres, dans laquelle ils se remettraient à croire en eux plutôt que de sombrer dans le pessimisme décliniste cher à Zemmour, dont le discours a pris hier une claque monumentale assénée par près de 4 millions de marcheurs – ou de piétineurs, tant il fut difficile de progresser ne serait-ce que d’une poignée de mètres dans l’énorme foule parisienne.

Et quelle meilleure fondation pour cette construction future que l’involontaire et éclatante démonstration qu’a apportée le Front National de son extraordinaire décalage avec le peuple en cette occasion ? Lire la suite

Harpe, mensonge et vidéo (surveillance)

Depuis le début de sa campagne à l’assaut de la forteresse parisienne, notre amie la créature éthérée des sous-bois de Brocéliande aime à asséner des chiffres choc, se souciant davantage de la façon dont ils peuvent la servir que de leur véracité. On reconnaît bien là l’école Sarkozy.

La fée Viviane en sa forêt

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C’est la dèche

Souviens-toi, c’était il y a déjà une éternité, quand Internet était encore adolescent. Tu avais 4 followers sur Twitter, alors tu partageais sur Facebook les billets de blogs qui te faisaient marrer ou réagir. Et tu passais tes journées à commenter les articles de C’est la gêne. La Meuf, le Pédé, le Juif et l’Arabe te régalaient de leur plume acérée, qui pourfendait imposteurs et autres dictateurs à grands coups de « Ta gueule, machin » et « Si tu allais bien te faire cuire le cul, bidule ? ».

Ces avis toujours si subtils et si mesurés, c’était la marque de fabrique de ce blog collectif au succès fracassant, couronné d’un Golden Blog Award, qui m’a personnellement valu, ainsi qu’à nombre de comparses, certains de mes meilleurs moments d’Internet et un nombre exceptionnel de belles rencontres.

Mais pourquoi nous parle-t-il de ça aujourd’hui, vous demandez-vous aujourd’hui ? Parce qu’un jour, l’Arabe a eu l’outrecuidance de s’en prendre – dans des mots certes particulièrement fleuris – à la réalisatrice de génie du plus extraordinaire film jamais réalisé sur « les heures les plus sombres de notre histoire », qui l’a en retour trainé en justice.

Le feuilleton judiciaire qui a suivi vient de s’achever sur la condamnation de l’Arabe pour injures publiques – voilà qui satisfera les plus droitiers de nos lecteurs, qui aiment à prétendre que les arabes ne sont jamais condamnés – plaçant ce brave garçon qui s’est laissé une fois de trop emporter un peu loin par sa vergve dans une situation financière des plus délicates, puisque l’addition de cette petite plaisanterie, frais de justice des 2 parties comprises, s’élève à la modique somme de 7500€ (3500 de condamnation et 4000 de frais d’avocat).

Voilà qui fait sans doute plaisir à Morano, Copé, et autres pourfendeurs des « anonymes qui insultent cachés derrière leur écran », n’ayant toujours pas compris la nuance entre anonymat et pseudonymat, mais qui me fait personnellement tout à fait chier la bite.

Alors si je m’adresse à toi aujourd’hui, c’est en souvenir du bon vieux temps, de ces journées à enchaîner les barres de rire sur C’est la gêne au point d’avoir les abdos d’un athlète sans avoir pratiqué le moindre sport depuis 1927, de toutes ces belles rencontres, et parce que je me dis qu’un pays qui a donné 11 millions d’euros pour sauver un truc aussi pénible que l’UMP de la banqueroute doit bien pouvoir en réunir quelques milliers pour renflouer un mec aussi désagréable que l’Arabe, coupable d’avoir eu des mots un peu extrêmes dans le commentaire des propos suivants tenus par la susdite géniale réalisatrice, accusée d’avoir commis un film outrancièrement tire-larmes :

« On pleure pendant [LE CHEF D’ŒUVRE] parce que… on ne peut que pleurer. Sauf si on est un « enfant gâté » de l’époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ? En tout cas, s’il y a une guerre, je n’aimerais pas être dans la même tranchée que ceux qui trouvent qu’il y a ‘trop’ d’émotion dans [LE CHEF D’ŒUVRE] »

Si, en lisant ces lignes, les premiers mots qui te brûlent les lèvres sont interdits aux moins de 18 ans, tu conviendras aisément que tout ça mérite bien quelques euros de soutien à celui qui les a écrits le premier.

Allez, sois mignon(ne), clique sur http://www.leetchi.com/en/Cagnotte/242095/fe02da50

et fais tourner, surtout, fais tourner !

Ah, et évite d’insulter la réalisatrice de génie dans les commentaires, défoule-toi plutôt sur l’Arabe !

Monsieur Plus

Hello les copains, juste pour préciser à ceux qui auraient raté que désormais, j’écrirai plutôt, en particulier pour tout ce qui relève de mes luminescentes analyses politiques et/ou sondagières, sur le nouveau site du nouvelobs, Le Plus.

Tu pourras me retrouver notamment sur ma page, quand tu auras trop peur d’avoir raté un article.

Le mieux pour suivre, c’est de me follow sur Twitter ou FB, bien sûr, hein.

Comme ça plein de gens pourront me trouver sublime (par exemple, mon dernier post a fait 600 vues ici, 18000 là-bas, tavu), et après je créerai enfin ma secte.

Bisous.

1er tour des cantonales : qui a gagné ?

Comme à chaque élection, les analyses contradictoires se multiplient, chacun tentant de trouver des circonstances atténuantes à la piètre performance de sa chapelle, ou de sur-valoriser sa performance honorable.

Ce scrutin est d’autant plus difficile à analyser que les chiffres nationaux n’ont pas beaucoup de sens : on additionne quelque 2000 scrutins locaux, dans lesquels l’offre politique n’est pas homogène. On annonce des scores par parti alors que tous ne peuvent pas prétendre au même nombre de voix compte tenu de leur couverture du territoire. Et on compare ce résultat à une élection précédente dans laquelle l’offre était également différente.

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Mouvement Impopulaire

En direct de la péniche à Valoche :

« On a gagné en nombre de conseillers »

« Tout va bien »

« Cela n’a pas de signification nationale »

« C’est un plébiscite pour la réforme des collectivités »

« Il faut changer ce mode de scrutin trop compliqué »

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Le très très gros navion [màj]

Bon, comme je suis un des premiers à en faire l’expérience sur Air France, faut quand même que je vous raconte mon CDG-JFK à bord du très très gros navion.

J’étais excité comme une pute (no coquille) à l’idée de voir enfin cette bête de près. J’ai bien entendu soigneusement choisi LE vol en A380, bien que ce ne soit pas l’optimisateur (arrivée à 15h45, alors que le premier de la journée permet d’arriver à 10h et d’avoir la journée devant soi – ceci dit j’ai bien fait, j’aurais eu du mal à le choper, le 8h25…).

Le jour venu, le taxi me dépose à CDG, et ça commence plus que bof :

– ah, vous êtes sur le vol de 13h30. Vous êtes au courant de ce qui s’est passé ?

– euh, non ? [inside : alors l’avion a explosé sur le vol précédent donc il va y avoir un peu de retard]

– en fait en raison d’un incident technique, le vol est repoussé à 17h.

– ah, super.

D’emblée, grosse mise en confiance, l’avion qui vole depuis une semaine et qui a des incidents techniques qui lui collent 3 heures de retard. Ceci dit, j’imagine que suite au Rio-Paris, Air France doit requadrupler de prudence pour être sure de ne pas entrer dans l’histoire comme la première compagnie à crasher un 380 bien rempli. Depuis, on a appris qu’il s’agissait d’une « panne informatique mineure » empêchant le fonctionnement du pilote automatique, et ayant conduit le très très gros navion à faire demi-tour. Et le problème, c’est que vu qu’il n’y a qu’un très très gros navion en service, ben on doit l’attendre. A ce jour, le retard n’est toujours pas résorbé, ça craint un peu…

Grosse glandouille dans l’aéroport, remerciement à Dieu d’avoir créé le Wi-Fi, déjeuner pas bon, attente interminable… Jusqu’à ce qu’IL apparaisse, arrivant enfin de New York, le très très gros navion se présente à la porte E61. Et putain, il est quand même très très gros, on va pas se mentir.

Et on est quand même impressionné par le branle-bas de combat qui l’entoure, entre les passerelles, les camions de catering, etc.

Arrivé à bord, ça ressemble vachement à un avion normal, en un peu plus large. Air France ayant bizarrement omis de me surclasser (pffff, ils ne savent décidément pas reconnaître un leader d’opinion), je m’installe en classe éco, à l’arrière du pont supérieur. Un poil plus spacieux que d’habitude, mais rien de dingue. Si, les accoudoirs sont plus larges, super. C’est un peu moins la guerre du coude que dans les autres avions.

Arrive enfin le moment tant attendu, le décollage de l’engin. Et là, c’est très impressionnant. Sur l’écran individuel, image caméra située sur la dérive, donnant donc une vue d’ensemble du très très gros navion. Il s’élance, accélère, s’arrache du sol alors qu’on a l’impression de se traîner et bien bien bien avant la fin de la piste. Dans un silence impressionnant. C’est vraiment le plus du très très gros navion semble-t-il, un gain de confort du point de vue de l’insonorisation (enfin ça, on en reparlera plus tard).

Très vite, l’image caméra donne mal au  cœur, cet angle de vue se révélant totalement mal choisi. Les mouvements de l’avion mis en perspective et l’impression de voyager assis à cheval sur la carlingue, ça fait un effet très désagréable.

S’ensuit un vol fluide et silencieux. Agréable. Le système de divertissement est nettement amélioré : qualité d’écran meilleure, une centaine de films au choix dont, et c’est une bonne idée, un certain nombre de vieux films et pas que des nouveautés plus ou moins douteuses. J’en ai profité pour enfin voir Up, et c’est magnifique, au passage, avec des moments d’une tendresse burlesque toute chaplinienne, notamment au début.

Après dîner très correct, je m’écroule comme la vieille merde que je suis, sommeil favorisé par le silence sus-mentionné. Jusqu’au moment où retentit soudain un monstrueux son fort agréable, un peu comme si un chauffeur routier brutalement décédé s’était effondré sur son klaxon et que personne n’arrivait à l’en enlever. Réveil en sursaut de tout le monde, regards inquiets mais panique contenue, défilé de PNC, de mecs de chez Airbus et Thalès qui accompagnent les premiers vols, communication one-to-one avec les passagers à proximité, mais AUCUNE annonce générale. Rien. On ne sait donc pas ce qui se passe. Et des voyants rouges clignotent sur la porte d’où vient le son en question. Pas du tout anxiogène. Je finis pas entendre que c’est le joint d’étanchéité de la porte qui a lâché, et que ça arrive et que ça n’est pas grave. Pas du tout anxiogène. Je serre un peu plus ma ceinture, quand même, histoire de ne pas être aspiré dans le grand vide si la porte décidait de se barrer faire un tour.

Il a quand même fallu 45 putain de minutes de sirène avant que le commandant de bord ne daigne se saisir de son micro et faire entendre l’oracle : « Je tiens à vous assurer que le son que certains d’entre vous entendent ne présente aucun caractère de danger ». Certains d’entre vous. LAULE, captain.

On s’est donc cogné ledit bruit pendant près de 2 heures, car comme promis ça s’est arrêté à une certaine altitude, genre 20 minutes avant l’atterrissage. Très sympa, très relaxant, très détendant.

Arrivée, donc. Débarquement plutôt rapide, passage de l’immigration aussi. Tapis à bagages. Et là, et ben forcément, c’est long, les bagages de 500 personnes. Surtout quand les préposés aux bagages ne jugent pas utile de respecter les étiquettes « Priority » apposées sur certains bagages, dont le mien. Au bout de 30 minutes, pas le moindre bagage prioritaire n’avait fait son apparition. C’est beau les bagagistes qui sont pour l’abolition des privilèges. Mais en tant que privilégié, je dois bien avouer que perso, ça m’a fait chier la bite.

Bref, pour conclure, le très très gros navion est impressionnant et plein de qualités. Mais pour l’instant, je vous recommande plutôt d’attendre un peu qu’ils aient fini d’apprendre à s’en servir, hein.

[màj] Air France vient de m’écrire pour me refiler 4000 miles d’excuses pour le retard, ce qui est plutôt sympa puisqu’ils n’ont pas d’obligation en la matière – ce qui pourrait changer prochainement. Du coup, je leur ai écrit pour gueuler sur le traitement de l’incident, la non-communication, qui est quand même à mon pas du tout humble avis beaucoup plus grave qu’un retard, qui est quelque chose qui arrive et qui est totalement justifié s’il s’agit d’une question de sécurité. Fallait pas être sympa, les gars…