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Forcément

Jacno – Triangle

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Lettre toute verte à Johnny

Johnny,

Il y a quelques jours, j’écrivais sur ces mêmes pages une poignante (c’est pas moi qui l’ai dit, hein, j’ai le melon discret) lettre à David Bowie, lui expliquant qu’il n’avait pas le droit de mourir, parce que c’est juste pas possible.

Et puis là, aujourd’hui, au détour d’un tweet, j’apprends que tu entres à nouveau à l’hôpital, soi-disant pour une hernie discale de rien du tout, mais selon diverses sources de haute qualité journalistique, totalement exemplaires et au-dessus de tout soupçon, ce serait plus grave, et y aurait inquiétude.

Alors là, Johnny, je t’arrête tout de suite : toi non plus, TU N’AS PAS LE DROIT DE MOURIR.

(là, je laisse un blanc, pour laisser s’exprimer votre consternation de découvrir tapi en moi un fan de Johnny qui le voudrait immortel tellement que il l’aimeuh, que il l’aimeuh, que il l’aime)

Je vous arrête tout de suite, ce n’est pas par passion pour Johnny que je lui souhaite la vie éternelle. C’est par passion pour ma santé mentale.

Parce que vraiment, je crois que ça va être au-dessus de mes forces, la mort de Johnny.

Les JT spéciaux de 4h20 présentés par une Claire Chazal en larmes et un David Pujadas en perfecto.

Les 3 semaines de deuil national décrétées par notre bien-aimé Président ivre de culture, qui a encore récemment prouvé son goût très sûr en allant voir La Cages aux Molles avec Christian Clavier et Didier Bourdon, un spectacle que tu peux me faire voir si tu as un million de dollars à me donner.

La reprise économique qui se fait couper ses petites pattes arrières parce que le moral des Français se prend un moins 260 en une journée.

La publication d’une exégèse de ton œuvre par Patrick Sabatier et Nagui, sous le titre « La grandeur du Cheval Mort ».

Les funérailles nationales en présence d’un parterre de stars incroyables qui interpréteront tes titres phares la gorge nouée d’émotion (et Garou la gorge nouée d’émotion, oui, c’est très très certainement le pire des cauchemars possibles).

L’entrée de ton répertoire dans le Christine Lagarde et Michard, pour le plus grand bien de nos enfants.

La grande scène de l’hommage par Michel Sardou.

L’impossibilité de lire le moindre journal ou magazine pendant 3 mois.

J’en passe, et j’espère pas des pires.

Pourtant, ta disparition serait la garantie que je ne me retrouve plus jamais en train d’assister à un de tes concerts – car oui, j’ai voulu faire cette expérience, pensant sincèrement que ça devait envoyer du steak, qu’une bête de scène pareille, c’était à tenter. A l’arrivée, le concert le plus lamentablement mauvais que j’aie jamais vu. Mais alors vraiment.

Oui Johnny, malgré ça, quand tu mouriras, ben je sera vert.

PS : bon, s’il faut choisir entre David et Johnny, ne vous inquiétez pas hein. Je quitterai la France quelques mois.

We have to move on

Parce qu’il faut bien accepter, tourner la page et passer à autre chose (mais qui ?), une petite musique légère, idéale pour accompagner Alain dans sa montée au firmament des énormes gens.

Bon c’est pas pour ça qu’on va pas bouffer du Bashung par les oreilles demain au Café Bonnie, hein…

Comment te dire adieu ?

Je revois Hélène en larmes sur ce morceau, la révélation qu’a été pour elle cet immense concert, à l’Olympia, il y a, putain, 15 ans. Tous ces poils dressés au fil des ans, ces quatre fois où je t’ai vu qui sont les quatre concerts les plus incroyablement et simplement beaux de ma vie. Jusqu’à l’an dernier, encore à l’Olympia, tellement digne, tellement la classe absolue.

Pour quiconque ne l’aurait pas, c’est le moment d’acheter Confessions Publiques. Un des plus beaux disques du monde.

Seule particularité : élégance

Je propose d’écouter ça. Et de ne rien ajouter.