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Sosisme

Avec ça, je vais tout défoncer au club de sosisme. J’ai jamais vu mieux.

michell

Je ne sais pas qui a conçu l’affiche de MS, mais il lui veut du mal, et je l’en remercie infiniment.

Naissance d’un écri-vain

Les amis, ce 1er décembre deux-mil-neuf restera dans l’Histoire des Lettres et du Monde comme un grand jour, marqué d’une pierre blanche avec écrit LOL dessus en très gros caractères, et en rouge, journée mondiale contre le SIDA oblige.

C’est en effet en ce saint jour que nous apprenons, grâce à Touittère, que l’immense Frédéric Lefebvre, grand penseur des années 2000 et grand maître de l’eaurtogaffe et de l’eaurtogag par la même occasion, a « décidé de se mettre à l’écriture ».

Vu sa grande maîtrise de la syntaxe, de la ponctuation et de l’orthographe, donc, j’en ai d’abord conclu qu’il avait décidé de prendre des cours d’alphabétisation.

Mais non, il semblerait en fait qu’il ait des velléités littéraires. J’en veux pour preuve une analyse plus fine de son tweet du matin :

Petit dej au Flore. Passage obligé pour celui qui a décidé de se mettre à l’écriture !

Apparemment, Frédéric pense que manger un croissant au Flore peut le transformer en Jean-Paul Sartre (mais je crains qu’il ne finisse en Jean-Paul Tartre). On a hâte : sera-t-il le nouveau Valéry Giscard d’Estaing ?

Avec tous les talents dont il fait quotidiennement preuve, nul doute que Frédéric n’en restera pas là. Nous attendons donc avec impatience les prochains développements de sa carrière.

Frédo bricoleur : « Déjeuner au Flunch. Passage obligé pour qui a décidé d’aller acheter des clous au Casto de la place de Clichy »

Frédo homme orchestre : « Dîner à Colombes. Passage obligé pour qui veut devenir le nouveau Rémi Bricka »

Frédo avaleur de sabres : « Gang bang chez HPG. Passage obligé pour qui veut devenir une porn star »

Et vous, vous le voyez où, se faire pénétrer d’illustres prédécesseurs de quelles disciplines ?

Frédéric Lefebvre, tu es une gigantesque blague

Petit résumé à l’usage des non twittonautes, qui ont raté une belle tranche de rigolade aujourd’hui.

Il y a quelques mois, mon ami Frédéric Lefebvre, grand expert de l’Internet devant l’éternel (ou le contraire, je ne sais plus), déclarait, péremptoire (mais sait-il s’exprimer autrement ?) :

Les mini-messages de Twitter, c’est pour faire chic, mais c’est pas là que ça se passe.

Fidèle à sa devise, « les cons ça ose tout », le voici qui débarque en fanfare sur ce site où ça ne se passe pas, créant un compte et lâchant dès son premier tweet une sorte de « bien fait pour leur gueule à ces journaleux socialo-communistes qui veulent détruire mon Président ». Dans sa langue : « Que ça serve de leçon à la presse », faisant allusion à la mise en demeure de M6 et Canal Plus par le CSA pour quelques abus dans le crime de lèse-majesté l’affaire Jean Sarkozy.

Et l’accueil qui lui fut réservé fut assez royal. Des centaines de followers en quelques heures, ce dont il ne tardait pas à se gargariser, ne semblant pas avoir compris que 80% le suivaient pour se foutre de sa gueule.

Très vite, l’excellent Humourdedroite (ou là sur FB)se lançait dans une salve de faux RT (retweet, pratique consistant à forwarder à ses followers le tweet de quelqu’un pour en faire bénéficier le plus grand nombre) tout à fait délicieux, du genre

RT @FLefebvre_UMP je pousse des petits cris quand on me caresse les boules

Puis, un nouveau jeu fit rapidement fureur : lister Frédo. Pour les novices, Twitter permet depuis peu de regrouper ses contacts par listes thématiques : les bloggueurs, les politiques, les journaleux, les copines, etc. Avec Frédo, on s’en est bien sûr donné à cœur joie. Il a bien eu droit à quelques « politiques », mais globalement, c’était plutôt du genre :

  • pire-to-pire
  • gros-connards-stupides
  • inutiles
  • cheveuxgras-mauvaisefoi
  • humoristes
  • boulets
  • les cons ça ose tout

Malheureusement, j’en oublie plein de magnifiques, car son compte est « suspended due to strange activity » (ah, si ça pouvait être pareil dans la vraie vie, ça serait grave de la balle), et je ne peux donc pas aller me poiler en recueillant les dernières trouvailles (cet après-midi, on en était à plus de 200 listes).

Frédéric nous la joue LOL et décontracté sur le coup, en mode « vous êtes formidables, quelle créativité » (excuse-moi d’avance Fredo si je déforme ton propos, mais bon c’est à cause de ta strange activity hein).

Chacun de ses tweets est retweeté à l’infini et se prend des réponses cinglantes dans la face.

Résultat des courses, son compte est donc suspendu – d’aucuns disant que c’est parce qu’il aurait été massivement accusé de spamming, mais Frédéric a une autre explication beaucoup plus rationnelle en tant qu’expert, qu’il communique sur Facebook :

Oui il est suspendu pour trafic anormal . Il y a des limites par jour sur twitter . Il va etre rétabli . Le post souligne que ce n’est pas l’opération spam qui a fonctionné mais bien le nombre de followers en quelques heures qui a explosé . C’est drôle Twitter ! Vos ennemis font autant votre succès que vos amis …grande différence avec Facebook !,

Notons au passage la confirmation des problèmes de Frédéric avec la ponctuation (sans doute son Blackberry qui rajoute des virgules, comme il rajoute des fautes d’orthographe).

Depuis, c’est champagne à tous les étages sur Twitter, tout le monde se gondole de l’éjection express du grand communicant. Bon, pour être honnête, il se trouve bien une nana qui m’a tout l’air d’être la responsable de la politique de brushing de l’UMP pour être « dégoûtée par la censure populiste opérée sur le twitter officiel de Fredo @FLefebvre_UMP parce qu’il était formidablement populaire en 12H ! »

Frédéric est tellement brillant qu’il a même pris au premier degré ce post sur son wall, et a gratifié son malheureux auteur d’un remerciement sur son mur, défiguré à jamais :

Votre compte Twitter vient d’être fermé !!! Il est scandaleux de voir que le complot socialo-communiste a réussi à vous faire passer pour un spam. Le monde perd la tête !

Frédéric, PERSONNE ne dit ça dans la vraie vie. « Complot socialo-communiste » est une phrase qui n’a aucun sens sorti de la rue de la Boétie.

Quelle bonne journée.

Du bon usage du vieux françois

Cette semaine, nous avons un nouvel ami.
Il s’appelle Christian Estrosi.

Vous savez, c’est ce ministre qui, se présentant aux municipales à Nice, nous assurait urbi et orbi que s’il était élu (suspense insoutenable que l’élection ou non du candidat officiel de l’UMP à Nice, j’en tremble encore), il abandonnerait tout autre mandat et fonction pour se consacrer à 100% à sa ville.

Elu contre toute attente, sans doute grâce à ses qualités exceptionnelles, celui qui s’auto-surnomme le motodidacte abandonna comme annoncé son portefeuille pour se consacrer à sa ville. A l’époque, pour se donner de l’importance, il avait eu cette phrase dont il est bon de rire encore et encore et encore et encore, parce que c’est quand même un super-collector de la mort : « Aucune grande décision nationale ne pourra être prise sans tenir compte de l’avis du maire de la deuxième ville UMP de France ».

(Prenez le temps nécessaire pour vous poiler un bon coup et reprendre vos esprits, je ne suis pas pressé.)

Aujourd’hui, ce bon Christian, sans doute tellement indispensable à la survie de la nation en péril, est Ministre de l’Industrie ET Maire de Nice ET Président de l’agglomération niçoise. Il a dû lâcher, le pauvre chat, la présidence du Conseil Général des Alpes-Maritimes.

En tant que ministre de l’Industrie, il défend actuellement le projet de loi d’ « imprivatisabilisation » de la Poste, et s’amuse à commenter en direct les débats au Sénat sur Twitter, parce que de toute évidence ça l’emmerde. Il doit se dire, « à quoi bon se faire chier à débattre, on a la majorité, on vous emmerde, le texte sera voté, je serais mieux à boire un coup au Negresco ». Jouant à ce petit jeu, il s’est fait gauler et tancer par un sénateur socialiste, comme suit :

Là, même moi dont j’ose espérer que vous avez compris que je suis une racaille socialiste, je trouve ça longuet et pas d’une pertinence totale. Et je pense qu’on aurait largement pu en rester là.

Mais non, Christian, un peu vexé qu’on le reprenne sur son orthographe, a  voulu avoir le dernier mot. Alors, en mode crédibilité totale, 2 jours après, le voilà-t-y pas qui nous explique qu’il a raison d’écrire service publique, sans rire, toujours sur Twitter :

« Petit cours d’histoire orthographique: »Publique »est la première orthographe admise pour l’adjectif quelque soit son genre, c’était d’ ailleurs la seule graphie non fautive jusqu’au 18ème siècle.Au delà »Public »a progressivement évincé »Publique ». source:Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. A chacun ses leçons… »

Alors là Christian, commente te dire que tu atteins des sommets de ridiculitude ? J’ai envie de te dire plusieurs choses, en vrac :

  • Ah, tu parles vieux françois, c’est pour ça, au temps pour moi, je ne te savais pas le Rabelais du 21e siècle, tu es un être éblouissant de finesse et de culture.
  • Christian, tu es gentil, mais aucun d’entre nous n’habite au 18e siècle, donc voilà, on écrit service public, je sais que ce n’est pas une notion qui vous est très familière ni très agréable, à l’UMP, mais c’est comme ça.
  • Tu as mobilisé combien de personnes de ton cabinet pendant combien d’heures, pour trouver cette source qui te permette de moucher la vermine socialo-communiste qui a osé te faire la leçon ?
  • Et enfin, j’ai envie de te dire qu’une chose est sûre : on écrivait peut-être publique, mais QUEL QUE soit son genre, certainement pas « quelque soit son genre ».

Je suis content, au final, car tu me donnes l’occasion d’utiliser mes mots fétiches : cet épisode est pathétique (q,u,e) et grotesque (q,u,e). Et toi aussi.

Développement du Râble

Décidément, chaque jour amène son lot de délicieuses nouvelles de notre gouvernement, si engagé pour la sauvegarde de notre planète.

C’est vrai quoi, un grand ministère du développement durable, intégrant les transports et tout, on n’avait jamais vu ça, et on allait voir ce qu’on allait voir. Un Grenelle de l’Environnement, une pression d’enfer sur les méchants pays pollueurs, on allait prendre le problème à bras le corps.

Mais bon, l’écologie ça va cinq minutes, on va pas non plus se laisser pourrir la vie de tous les jours, hein.

C’est ainsi que l’on a appris ces jours-ci que notre bon Ministre de la Planète ne se déplace qu’en avion pour se rendre à Bruxelles. Bruxelles ! Moins d’1h30 en Thalys !!! Oui, mais c’est parce que dans son emploi du temps chargé (avec tous ces rendez-vous chez le coiffeur et le dermato, et toutes ces douches à prendre ?), il peut du coup décoller quand il veut, sans être contraint par les horaires de train. Jean-Louis, y en a plus que des métros le samedi à 19h, des Thalys pour Bruxelles ! Tu te foutrais pas un peu de notre gueule, là ? Moi aussi, je préfère l’avion, le train me fait chier la bite d’une force internationale, mais bon, pour Bruxelles, je fais un effort.

Ceci dit, il est à bonne école Jean-Louis, entre Nico et Fillon, dont on avait découvert lors d’un incident il y a quelques mois qu’il se rendait dans la Sarthe en avion, parce que bon c’est quand même vachement loin, quoi.

Tiens, Fillon justement, qui doit s’ennuyer un peu vu que son chef lui pique tous ses dossiers. Du coup, il se consacre à son hobby, la course automobile. Et là, en ce moment, sa préoccupation majeure semble être le retour d’un Grand Prix de France de Formule 1. Vous savez, ce sport écologique à souhait et pas du tout pourri par le pognon. François (dont vous noterez qu’il dort au volant) est très malheureux qu’on nous ait retiré notre Grand Prix, sous prétexte que Magny-Cours c’est trop chez les bouseux et que ça manque d’Avenues Montaignes pour occuper les femmes des pilotes, et que ça serait quand même mieux si on pouvait y aller en RER, au Grand Prix, et aussi bien sûr parce qu’on lâche pas assez de pognons à ces rapaces qu’on empêche scandaleusement de plaquer partout des pubs pour les clopes et la gnôle.

Alors François, apprends-je récemment, consacre une partie de son précieux temps à lécher le cul de la FIA pour obtenir le retour « très important » de ce Grand Prix à tout prix. Juste quand, touchés par la crise, Toyota, Honda, Bridgestone et d’autres annoncent leur retrait de cette compétition. Juste quand ce symbole de la bagnole reine est un peu beaucoup pas très à propos, rapport à Copenhague, tout ça.

Il a des arguments qui déboîtent hein, genre « les deux constructeurs automobiles français ont besoin de cette vitrine pour se développer ». C’est vrai que Peugeot, en F1, ils se la donnent grave. Et s’ils consacraient les budgets pharaoniques de la F1 à développer des bagnoles propres, sinon ?

Ah, et puis attention, on va construire un nouveau circuit hein, parce que c’est mieux, y en a que 10 en France qui pourraient faire l’affaire. Et on va transformer Magny-Cours en jardin potager aussi ? François, j’ai envie de te dire que si t’as besoin d’un truc pour te faire bander, je t’autorise à t’abonner à Playboy sur les deniers publics, allez, c’est fête.

Au risque de passer une nouvelle fois pour une vermine communiste, je suis assez content qu’en face, Jean-Paul Huchon s’oppose fermement à la construction d’un circuit en Ile-de-France, et ait assuré que si cette décision, « une ineptie à l’heure du Grenelle de l’environnement », était prise, il n’y collerait pas un rond. Merci Jean-Paul. Je vous rappelle que pendant ce temps-là, Valérie Pécresse ose se présenter comme la candidate de l’écologie en Ile-de-France.

C’est chouette, la politique, souvent. Ca développe bien le râble.

David Goldman [MàJ]

Je le pressentais depuis longtemps, mais c’est désormais officiel grâce à un journaliste du Canard Enchaîné, qui s’est infligé la probable souffrance de lire ses bouquins pour en tirer les bonnes feuilles de papier cul : David Douillet est un beauf misogyne qui a vu la vierge, teinté d’une pointe d’homophobie lexicale, rêvant de femmes qui resteraient à leur place. Il s’en défend habilement : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes » (sic, ou plutôt sick)

Pour faire plaisir à Henri, on découvre également qu’il habite au 19e siècle, l’époque bénie de Dieu où « on travaillait plus dur et surtout plus longtemps, du plus jeune au grand âge, et du lever au coucher du soleil, hormis le jour du Seigneur ».

Et on apprend enfin qu’il vit dans une chanson de Jean-Jacques Goldman (David Goldman, c’était pas que pour les pièces jaunes), celle où les femmes font des bébés toutes seules – puisqu’il justifie le fait que les gonzesses sont là pour s’occuper des chiards par ce magnifique, lyrique et laïc « c’est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d’élever les enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas par hasard »

Pourvu qu’il participe activement au débat sur l’identité nationale.

NB : comme pour mon ami le Ministre des Relations avec le FN, je ne vous inflige pas de photo, ni à moi. Je ne supporte absolument pas de voir cette personne.

 

[MàJ : je suis super mal, je viens de relire mon truc sur Guaino, et je crois que je vais devoir offrir son poids en boules de naphtaline à David Douillet. Me voici donc ruiné, HEEEELLLLLPPPP !]