Archives de Tag: UMP

La prime : à la casse !

Aujourd’hui au menu, un peu de fiction.

Nous sommes le 5 avril, et Martine Aubry présente – enfin – le projet du Parti Socialiste pour 2012. Elle égrène les propositions de Solférino, suscitant peu de remous, compte-tenu des éléments ayant fuité les jours précédents, quand soudain, à la rubrique économie et pouvoir d’achat, une mesure phare résonne dans la salle : « Nous obligerons les entreprises qui versent des dividendes à verser à leurs salariés une prime de 1.000 € ».

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1er tour des cantonales : qui a gagné ?

Comme à chaque élection, les analyses contradictoires se multiplient, chacun tentant de trouver des circonstances atténuantes à la piètre performance de sa chapelle, ou de sur-valoriser sa performance honorable.

Ce scrutin est d’autant plus difficile à analyser que les chiffres nationaux n’ont pas beaucoup de sens : on additionne quelque 2000 scrutins locaux, dans lesquels l’offre politique n’est pas homogène. On annonce des scores par parti alors que tous ne peuvent pas prétendre au même nombre de voix compte tenu de leur couverture du territoire. Et on compare ce résultat à une élection précédente dans laquelle l’offre était également différente.

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Décomplexion fatale

J’ai le sentiment diffus d’en avoir déjà parlé, mais dans la mesure où plus ça va, plus je m’en convaincs, je m’en vais vous en remettre une couche.

Si Nicolas Sarkozy, dans sa course effrénée vers le pouvoir, a eu un trait de génie [lui ou sans doute plutôt l’une de ses éminences, et je pense en particulier au si modéré Patrick Buisson], c’est bien de faire de la décomplexion [mot qui si je ne m’abuse n’existe pas, mais me semble approprié par sa parenté avec complexion] la pierre angulaire sur laquelle il allait fracasser tous les obstacles dressés sur sa route triomphale.

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Lolitique

En ces temps troublés, où se mêlent réforme des retraites et contestation populaire, affaire Woerth-Bettencourt, expulsions de Roms et condamnations de cette politique par une bonne partie du monde, il est bon de rire parfois, même (surtout ?) si l’amuseur n’avait pas nécessairement cet objectif.

Cette semaine, mon grand prix de la LOLitique à moi va incontestablement à Bernard Accoyer, vénérable président de l’Assemblée Nationale, dont une sortie dans le Parisien est passée relativement inaperçue – et m’aurait sans doute échappée si le béni Canard ne l’avait pas reprise. Lire la suite

Le premier parti de France

Le truc qui m’a toujours fasciné les soirs d’élections, c’est l’infinie capacité des politiques à faire parler les Français à tort et à travers, et en particulier celle des perdants – et je le dis clairement, quel que soit leur camp.

Il doit y avoir un UV priceless à Sciences Po ou à l’ENA, qui apprend à traduire les chiffres en conneries monumentales. Je n’ai malheureusement fait ni l’un ni l’autre et ne peux donc pas vous relever tous les secrets de cette technique. Je sais simplement qu’elle exige avant tout une énorme dose de mauvaise foi. Ce soir, l’UMP nous en a fait une démonstration particulièrement éclatante – et je ne suis pas le seul à le dire, moi le sale blogueur gauchiste, un plateau entier d’analystes politiques sur iTélé vient de souligner comme l’UMP avait atteint un niveau hallucinant dans le déni et l’argumentaire intenable.

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Bienvenue sur Twitterreur [MàJ]

Depuis quelque temps, on en a déjà parlé, les politiques ont largement investi les réseaux sociaux. De façon plus ou moins officielle, plus ou moins collective, plus ou moins ordonnée : pages officielles des partis, profils et/ou fan pages de personnalités, groupes à la gloire d’untel ou unetelle… Globalement, ils maîtrisent à peu près Facebook, mais ont beaucoup plus de mal sur Twitter, où les esprits taquins, les méchants blogueurs et autres kalachnikov de la vanne sont légion.

On y rencontre plusieurs cas de figure : les vrais politiques qui tiennent vraiment leur compte en direct (déléguant éventuellement une partie à un assistant), les évidemment traités par un assistant, les fake qui se voient comme le nez au milieu de la figure (sauf Yves Jégo, qui prend tout pour argent comptant).

Au final, il y a surtout trois catégories :

  • les Anne Hidalgo (les plus rares) sont ceux qui ont tout compris, maîtrisent les outils, donnent de l’info sans inonder, lancent des petites piques bien senties (transformées en attaques scandaleuses par ses adversaires), répondent deci-delà à ceux qui les interpellent, etc…
  • les Paillé-Lefebvre, qui vomissent des communiqués à un rythme effréné, tentant d’utiliser un média qui leur est globalement hostile pour désinformer, et qui – concernant Frédéric, bloquent leurs contradicteurs qui ne peuvent plus bénéficier de leur douce prose.
  • le Yves Jégo, unique en son genre, qui se clashe avec tout le monde et n’importe qui, et gobe  tout ce que le réseau compte de fake.

Et puis il y a tous les autres, les petites mains, les sympathisants, militants ou permanents qui affichent leur appartenance, et commettent parfois d’énormes bourdes dont ils ne se rendent même pas compte de l’ampleur, ni de la bourdeur.

Dernier exemple en date, le sympathique Mathieu Barbot, déjà en vedette au bout de quelques heures sur le site de l’express.

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Néologie

Souvent, j’invente des mots.

Par jeu. Pour faire le malin. Parce que les mots qui n’existent pas sont parfois plus beaux que ceux qui existent, même si notre langue comporte de très beaux mots. Et des très laids, aussi, comme biscuit, soulier, anorak, pantoufle, ou encore chandail.

Par hasard ou par erreur, aussi, notamment sur un clavier. En particulier avec cette saloperie d’accent circonflexe trop près du p, qui a donné naissance, entre autres, aux très beaux verbes dégoputer, enchapiner, plapire (comme dans « oh, ça me plapit vraiment beaucoup »).

Ou parce que les mots qui existent sont insuffisants à exprimer certains sentiments, comme devant le lipdaube, par exemple. Dans cet exemple, même « grotesque », pourtant mon mot préféré de l’histoire des mots, parce qu’il va tellement bien avec son sens et qu’il est chargé d’un tel mépris tellement approprié, même « grotesque » ne suffit pas, et on ressent le besoin irrépressible d’une surenchère, et on dit donc énormetesque – non sans avoir pensé à gigantesque appuyé d’un clin d’oeil ou de guillemets dans les airs, mais qu’on n’a pas retenu de peur qu’ils le prennent pour un compliment.

Alors après, le problème, c’est que c’est pas toujours facile à suivre. C’est pourquoi j’ai décidé, dans ma grande bonnitude, de publier un petit lexique auquel vous pourrez vous référer, quand le besoin s’en fera sentir. Il n’est pas exhaustif, et il n’est pas non plus figé. Tous les espoirs sont donc permis, et cette phrase ne veut rien dire.

Abbaminable : degré suprême de la laideur. Se dit de quelqu’un ou quelque chose qui est plus insupportable qu’une chanson d’ABBA, plus laid qu’une tenue de scène de n’importe quel membre du groupe ABBA, ou que l’un des B du groupe ABBA. Pour mémoire, les B du groupe ABBA, Bjorn et Benny, étaient laids comme ça :

Vous conviendrez donc qu’ils étaient très laids, et que l’usage du mot abbaminable doit être réservé à des cas véritablement d’une extrêmitude très extrême.

Débordead : fatigué d’être débordé.

Dégoputer : ce verbe dérivé de degoûter est là encore une forme superlative de son mot parent. Quelqu’un vous dégopute quand il vous sur-dégoûte, idéalement mais pas exclusivement par un comportement de pute. Le terme Pute, et son diminutif Pupute, étant toutefois affectueux, dégoputer peut lui-même comporter une dimension amicale.

Exemple :

– tu aimes quand je te dégopute hein ? je te dégopute bien là ?

– oh oui, j’adore, dégopute-moi encore.

A noter, ce verbe comporte une variante exclusivement utilisable à mon endroit, diégoputer. Vous comprendrez aisément qu’elle ne fonctionne pas du tout avec les Jean-Jacques, ni avec les Stéphane.

Désopilarant : excessivement laulatoire.

Variante : désopilatoire, à privilégier si vous constatez une perte de cheveux et/ou de poils à l’issue de votre crise de rire.

Enchapiner : au sens propre, ce verbe désigne le fait d’enchaîner les aventures sexuelles sur un rythme effréné, ne laissant pas à vos amis le temps de suivre – ce qui peut conduire à des situations embarrassantes, à base de demandage de nouvelles de Sylvie devant Véro (les prénoms ont été changés, en vrai c’est des prénoms de chaudasses à connotation américano-danoise).

– Purée, Jean-Mi, t’enchapines sévère en ce moment, je préfère t’inviter à dîner que de payer tes capotes.

– Je suis pas libre pour dîner, j’enchapine.

Ce verbe comporte également un sens figuré plus poétique, pour rendre hommage aux personnes ayant eu une vie amoureuse trépidante. Si Johnny était mort, par exemple, on aurait pu, dans son oraison funèbre, insérer la phrase suivante :

Comme Gabrielle, il est mort d’amour enchapiné

Monumentable : très très beaucoup lamentable, genre lamentable in a lipdaube way

Monstroplantor : extrêmement monstrueux, et qui fait peur comme une plante méchante.

Monstruyeux : a définitivement remplacé monstrueux, qui n’existe pas. Monstruyyyeux présente de plus l’avantage d’être modulable, le nombre de y indiquant le degré d’horreur. Variante : Menstruyeux, quand il y a du sang.

Patathétique : se dit d’un truc non seulement pathétique, mais fait avec la finesse d’une bintje. Exemple :

Tu as déjà vu un truc plus patathétique que le lipdaube de l’UMP ?

La réponse à cette question étant obligatoirement non, c’est une règle de grammaire, ne me demandez pas pourquoi.

Patathétique s’applique également très bien aux gens qui ne disent que des trucs débiles, et qui ont un nez qui ressemble à une patate. Par exemple, vous l’aurez compris, Frédéric Lefebvre.

Répuputation : réputation de merde, réputation de salope.

Par ailleurs, l’usage des suffixes est très fréquent, en particulier le suffixe -ozor, qui indique l’atteinte d’un sommet.

Je suis défonçozor. J’ai la patatozor. C’est trop la loosozor.

Le comble de l’horreur est donc naturellement « monstroplantozor ».

Ce sera tout pour aujourd’hui, parce qu’il faut quand même du temps et de la pratique, pour assimiler tout ça.