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Improbabilité

L’improbabilité, en diegosanien (une langue dont je vous entretiendrai bientôt, dès que j’aurai fini de définir les verbes enchapiner et diégoputer), ne désigne pas seulement ce qui est peu probable, au sens premier du terme donc, mais également ce qui bien que totalement et indubitablement réel, est tout bonnement au-delà de l’entendement. Si ça n’était pas déjà pris, on pourrait appeler ça de la gêne, l’improbabilité étant une forme d’embarras.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous une grosse improbabilité de type magique, qui a pris la forme d’un danseur. Sans doute le danseur le plus improbable de l’histoire de la danse (et de celle de l’improbabilité, aussi). Ce danseur semble totalement égaré sur ce plateau de télévision où se produit l’immense Donna Summer que j’aime, accompagnée d’une troupe de danseuses toutes pailletées comme il se doit, dans la plus pure tradition disco. Quand soudain, la silhouette blanche et moulée à la louche d’un grand échalas (vous aurez noté la double allitération en che et le) apparaît sur l’écran.

Instant de doute : il ne cadre pas du tout dans le tableau. S’agit-il d’une manifestation intempestive d’intermittents du spectacle (vous savez ces grosses feignasses qui en branlent pas une et vivent d’un régime de chômage outrageusement avantageux et nous gâchent tous les ans la merveilleuse cérémonie des César, pour plus d’info envoyez un mail à feignasses@ump.france.fr.delafrance.fr en indiquant « intermittent » en objet – sans quoi on pourrait vous répondre sur les feignasses d’mmigrés polygames qui touchent jusqu’à plusieurs millions d’euros d’allocations familiales pendant que vous vous levez à l’aube à cause des grèves de ces privliégiés de conducteurs de RER pour aller travailler plus pour gagner plus – ce qui est tout autant scandaleux mais n’est pas votre question) ? D’un spectateur un peu trop enflammé ? D’un gag du Saturday Night Live ?

Et puis après quelques secondes, on s’aperçoit qu’il connaît quand même vachement bien la choré, que Donna n’a pas le moins du monde l’air choqué et continue le show, que la  sécurité n’intervient pas, et on doit se rendre à l’inévidente évidence : l’endive fait partie du pestacle.

Il ne reste plus qu’à apprécier cet immense danseur dans cet intense moment d’improbabilité. Chaque seconde. Jusqu’à la fin.

PS : Merci à celle qui m’a fait découvrir ce chef-d’œuvre, qui se reconnaîtra (et qui me doit 100 euros d’ailleurs).

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Sainte Monique

Donc, je me trouve actuellement à Sainte Monique, Californie. Toujours enfermé dans ma chambre hein, à écrire des trucs sur les pneus, je vous rassure.

Mais bon, je vous fais partager la BO de ma journée par Minitel Rose, souvenir d’heures perdues devant la télé dans ma jeunesse.

Shuffled

Moi je aujourd’hui, je me suis levé à 5h30, ce qui est déjà l’assurance d’une journée de merde. Mais bon, un avion à prendre, pas le choix, tout ça.

Dans l’avion JFK-LAX, il fallait, en plus, absolument que je bosse sous peine de mort. Alors je m’y suis collé. Avec, pour me motiver, mon fidèle iPod bien vissé dans les esgourdes (juste parce que j’avais envie d’utiliser ce mot de vieux, qui est assez drôle, quand même), en shuffle intégral, ce que je fais très rarement.

Et ben j’ai pas regretté. Parce que des 4444 morceaux en présence (c’est pas par vice ou par TOC, c’est un hasard total), il a rapidement choisi de m’exhumer une petite merveille que j’avais oubliée. Et ça m’a bien aidé à traverser les Stazuni en comptant des pneus.

Comme je suis sympa, je partage avec vous. Gratos, comme ça.

Cody Chesnutt – Serve this Royalty, extrait de l’immmmmmmensozor double album très humblement intitulé « The Headphone Masterpiece » (sur lequel figure notamment The Seed, samplé par The Roots dans un autre chef-d’œuvre). Un must have.

Underground NY

Je profite de mon dernier soir à New York, enfermé dans ma chambre à taffer comme un rat parce que c’est tellement plus sympa que d’aller dîner dehors et boire des coups, pour faire une petite pause dans la polémique en jouant à « ni Frédéric, ni Lefebvre » (et pourtant pendant ce temps là, l’animal ne joue pas à « ni connerie ni mauvaise foi »), et pour vous proposer une nouvelle fois d’écouter un titre de l’excellentissime groupe new-yorkais de rock souterrain de la fin des 70s, j’ai nommé The Feelies, dont tous les albums viennent by the way d’être enfin réédités, ce qui est une bénédiction.

L’intro silencieuse et légèrement venteuse est un peu longue, mais permet de récupérer du morceau d’avant et de se préparer à la montée sublime de l’engin.

Bon appétit, bien sûr.